mardi, 28 février 2006

Marie-Françoise

Tout le monde connaît au moins de visage cette femme d’une volonté et d’une présence remarquables. Aveugle, elle ne s’est pas résignée à rester chez elle et exerce avec brio une activité professionnelle aidée d’une assistante. Enseignante, elle marque ses élèves qui la saluent encore des années après. Elle ne renonce en rien à offrir pleinement tous les services de l’école, organisant des sorties extrascolaires. Elle préside une association de non-voyants. Vous la verrez souvent s’aventurer dans Planoise, prenant ses repères, ou au bras d’un passant ayant résolu de l’aider. Elle a dans sa tête des centaines de repères pour s’aider, mais ceux-çi sont brouillés les jours de verglas ou de neige. Alors si un jour vous la croisez, n’hésitez pas à l’aider, vous découvrirez une personne très sympathique et pleine de richesses, avec un autre regard sur notre monde, où les couleurs s’affirment dans la foi en l’homme et non dans les apparences. La fois d’après, même à quelques mois d’intervalle, vous serez étonné de voir qu’elle vous reconnaîtra !

Bref aperçu : la Santé à Planoise

Où l’on constatera que Planoise n’a pas non plus à se plaindre sur cet aspect de la vie quotidienne...
Les professions libérales n’ont pas déserté notre quartier : les cabinets médicaux, souvent fidèles au quartier depuis le début, accueillent toutes les populations, qui depuis la Couverture Maladie Universelle hésite un peu moins à se soigner pour des maux à priori bénins. Mais des cas de non couverture totale existent encore, et il faut tirer notre chapeau aux médecins qui gèrent des cas très difficiles au quotidien. Etre médecin à Planoise, c’est aussi être travailleur social.
Des masseurs Kinésitérapeutes, un dentiste, un ophtalmologiste, un Centre de Kynésithérapie-Balnéothérapie qui flirte avec le bien-être et d’autres spécialistes complètent l’offre, il y a peu de spécialités non accessibles.
Sos médecins est installé depuis peu vers le CCAS, ses voitures sillonnent le quartier à toute heure. Un bon intermédiaire qui décharge les urgences. Les Planoisiens sont en effet à quelques pas du Centre Hospitalier Régional Universitaire Jean-Minjoz, qui offre depuis 1983 des consultations dans tous les domaines. Seule la pédiatrie est pour l’instant maintenue au centre ville. En 1985 le Centre de Transfusion Sanguine s’est installé et accepte volontiers les dons des adultes de plus de 50 kg, avec collation gratuite. En 1988 le don du souffle a rejoint le pôle. La faculté de médecine et diverses annexes vont bientôt compléter ce plateau de pointe.
On serait comblé à moins, mais le privé n’est pas en reste :
Le Pôle polyclinique regroupe en effet diverses cliniques prestigieuses originaires du centre-ville, regroupées à partir de 1996 sur notre « Bousserotte » : La Mouillère, St Luc, amènent une centaines de lit. Un classement national récent affirme l’excellence du pôle proctologie. 5 salles d’opération sont implantées. .En 1999 le plateau technique étoffe le pôle : Laboratoire, consultations spécialisées, pédiatre, prothésiste, dentistes (venus de la rue Claude Pouillet), maternité (Les cigognes).
Les Planoisiens sont donc très proches pour visiter des connaissances ou même se faire soigner.
Au niveau des soins psychiatriques, le Centre Médico-Psychologique a ouvert en 1999 ( venu du 34 rue des Flandres, centre guidance infantile) au 5 rue Blaise Pascal. La demande est là : désarroi devant la crise sociale pathogène, problèmes psychiques consécutifs à la consommation de drogues (Canabis, alcool)… Les proches de personnes concernées sont aussi reçues, c’est là qu’il faut poser ce genre de problèmes.
Le nombre de Pharmacies est conséquent, au point que les instances professionnelles ont pu mettre en avant que Planoise dépassait le quota habituel (mais en incluant celle de Géant Casino).
Le gros point noir repose sur les guichets de la sécurité sociale : une permanence partielle a lieu rue de Bourgogne, mais généralement il faut aller en ville ou, encore une fois, à Géant Casino. Quelques mutuelles ont leur siège dans notre quartier (hospitaliers, enseignants). Les opticiens sont restés des commerces très actifs, un prothésiste s’est installé dans la Zac Lafayette.
L’accès aux soins est donc en théorie très fourni sur le quartier. Les besoins sont criants, mais certaines personnes en retrait social ne songent même plus à se soigner, la sécurité n’empêche pas les comportements auto-destructifs. Il est dommage que l’application récente d’une franchise sur les actes médicaux lourds accentue le risque de cette auto-pénalisation.

lundi, 27 février 2006

Souvenir : quand tout le monde mit la main à la pâte

L’esprit d’immeuble et de convivialité entre voisins est surtout représenté de nos jours par l’association « Bouge-toi », du coté de la rue de Champagne.
Mais – et en connaissez-vous d’autres ?- Les anecdotes sur l’organisation d’événements sympas ont marqué le quartier.
Dans la Copropriété des 4-6 rue du Vivarais, au milieu années des 80, les habitants s’organisèrent pour repeindre eux-mêmes les murs des bâtiments. Location du matériel, évaluation et achat de peinture, préparation furent mutualisés. Tous bloquèrent trois jours dans leur emploi du temps pour la réalisation finale. Pique-niques et apéros étaient de la partie, effort, réconfort, échange de techniques créèrent les liens.
L’avantage de l’initiative fut double : économies financières et raffermissement des relations, convivialité, nouvelles connaissances.
Et aujourd’hui, l’esprit du quartier permettrait-il de tels exploits ?
Souvenez vous que chaque année a lieu au niveau national la fête des voisins. Cette année, c'est le 30 mai. Et si vous organisiez quelque chose ?Cliquez ici pour accéder au site de l'inititiative

Histoire : la lutte pour conserver une grande surface commerciale à Planoise

C’est en 1984 avec la création du centre commercial Cassin que s’affiche l’ambition d’un passage à la vitesse supérieure dans les commerces à Planoise. Euromarché est ouvert en 85. C’était une réelle grande surface, avec parking souterrain, plus proche en taille du « Mammouth » que du Suma de l’époque. Le magasin comptait plus de 100 employés en 1990, et offrait beaucoup plus de vêtements et de produits culturels. La concentration financière des groupes de grandes surfaces au tournant des années 90 allait changer la donne : racheté par une chaîne de magasins, le « concept » d’Euromarché ne correspondait plus au stratégies commerciales : trop grand pour une superette, trop petit pour devenir un hyper.
Comme ces derniers, le magasin était doté d’une Cafeteria ouverte à tous et qui convenait parfaitement aux déjeuners amicaux/professionnels en semaine et rythmait les soirées_dimanches-midi familiaux, avec son espace et ses menus enfants. Elle ne survivra pas à Intermarché et fermera en 93.
En 1992, la fermeture de la grande surface est annoncée. Stupeur. On crie à la mort du quartier. Et c’est en partie vraie, puisque cette nouvelle dégradation du cadre de vie cristallise le malaise des Planoisiens. Ou du moins de ses classes moyennes. De la mobilisation naîtra la coordination Planoise, entendant porter la voix des habitants sur tous les dossiers politiques. Un deuxième pôle de mobilisation plus contesté de par sa couleur politique affichée est cependant le plus actif dans les signatures de pétitions et les manifestations : La cgt, le Pc-Planoise,la CNL mènent une bataille acharnée. À l’autre bout de l’échiquier politique, nait Planoise avenir, avec les mêmes objectifs que la coordination.
Au plus fort de la crise, un rassemblement devant le magasin en cours de fermeture rassemblera 200 personnes, ce qui ne se voit que lors des fêtes de quartier. Tout le monde en parle dans son entourage, les Planoisiens n’étant pas encore prêts à aller dans la zone Châteaufarine pour faire leurs courses ordinaires. La non-motorisation d’une grande partie du quartier est mise en avant. Et c’est surtout quand on annonce l’ouverture d’une surface de hard discount, en 1993, que l’affirmation des besoins du quartier est la plus forte . Des articles de qualité très médiocre sur palette, sur une toute petite surface, ne convient pas à tout le monde, et les consommateurs s’éparpillent sur les surfaces périphériques pour leurs achats : les classes moyennes au Super-u de St Ferjeux, les plus aisés à Géant... L’impression que la transformation en « ghetto de pauvre » de Planoise s’inscrit dans ses commerces touche au plus profond de l’identité. On peut d’ire d’une certaine manière que cette affaire a fondé la vie citoyenne planoisienne actuelle.
Finalement, les diverses tendances affirmées parviennent à l’implantation d’une nouvelle chaîne de magasin sur le site. La surface ne sera pas aussi grande qu’Euromarché, mais de même qualité. La chaîne Intermarché impose de grands travaux de structure dans les bâtiments : galerie commerçante agrandie, nouvelles entrées, grande signalisation, distributeur de billet…
Le 17 mai 1995, Inter démarre avec 45 personnes, grâce à l’aide logistique et pédagogique de l’Intermarché de Montrapon. La joie des retrouvailles entre acheteurs dispersés est là, même si certains ont gardé leurs habitudes ailleurs.
Mais la victoire n’est pas totale. Planoise ne retrouvera jamais sa grande cafeteria conviviale et panoramique. Le 9 septembre 1996 ouvre un restaurant inter-entreprises avec un faible accès possible des non-adhérents, et pas le soir ou le dimanche. Il est clair que le prédécesseur Eris ne faisait pas des millions en résultat, mais il fut un temps ou la rentabilité maximale n’était pas l’obsession des entrepreneurs.
Et aujourd’hui ? Intermarché correspond-il encore aux besoins du quartier ? On serait tenté de dire que oui. Toutes les classes de consommateurs sont satisfaites, de l’entrée de gamme aux produits plus élaborés. La grande surface offre la seule poissonnerie du quartier (quand elle fonctionne). La paupérisation du public est évidente, mais des articles de qualité restent disponibles. La variété des prix se fait parfois aux dépends de la variété en terme de produits. Le gros problème est celui des restrictions en personnel, qui amène un achalandage variable, une attente aux caisses (que la « carte de fidélité » et autres bons n’ont pas arrangée). Le magasin rejette aussi la responsabilité de certaines mal conceptions (dalle, odeurs suspectes) sur le propriétaire des murs. Le directeur, entrepreneur indépendant, vient de changer. On verra si les griefs des Planoisiens auront une réponse.

Vidange sauvage et garages à ciel ouvert, épaves

Un jour de soleil, et voilà que Planoise se transforme en vaste garage à ciel ouvert. On rapproche la voiture de la fenêtre pour pouvoir brancher l’aspirateur. On fait tourner le moteur de la seconde voiture pendant une heure avec coups d’accélérateurs, pour ne pas qu’elle se grippe… On prend ses aises pour évacuer les déchets. Après tout, les employés municipaux ramasseront. Batteries, huiles de vidange en bidons ou non, vieilles jantes, graviers souillés, cendriers vidés, font la joie des gosses qui trouvent ainsi des jouets pas très propres. Si la voiture n’est pas réparable, inutile de la débarrasser, puisqu’on ne paie pas le parking extérieur… De vieilles carcasses semblent rouiller à ciel ouvert depuis des années…
Qui a dit que la citoyenneté s’arrêtait là ou commence la folie du tout-bagnole ?

dimanche, 26 février 2006

Fait-il encore bon vivre à Planoise ?

L’affirmation du « bon vivre à Planoise » est du maire actuel, qui s’est empressé de déménager dans un autre quartier une fois élu..
Régulièrement, et ce depuis le milieu des années 70, certains Planoisiens endurcis affirment pleins d’amertume que tout s’est dégradé depuis deux-trois ans, en prenant pour exemple leur seul espace direct, sans voir que c’est pire ailleurs dans Planoise depuis longtemps, et que la vie reste très agréable dans d’autres endroits du quartier.
Alors, bon vivre ou pas ? Citons largement un de ces déçus de Planoise, dans une période où il en faisait l’apologie : (La Passerelle, mars 1990) : « Si vous dites que vous habitez un petit immeuble calme en bordure d’un terrain d’aventures et que vos enfants se rendrent à pied à l’école, vous suscitez une certaine envie. Si vous ajoutez que dans un rayon de 500 mètres au plus, vous avez un centre commercial, un collège, un LEP et un Lycée, on pense que vous cherchez à narguer ceux qui ont besoin de la voiture pour rejoindre tous ces lieux. Si enfin vous affirmez avoir X lignes de bus, dont une directe pour le centre ville, vous devenez indécent. Et malgré tout vous décrivez sans excès la situation des habitants du quartier ».
Le constat a-t-il fondamentalement changé ? Avec les nouvelles implantations commerciales, la Piscine patinoire, et le futur pôle d’animation, nous ne le pensons pas. D’aucuns diront même que le quartier est favorisé point de vue équipement et investissements.
Mais notre chroniqueur pointait déjà des limites : pids du voisinage, bruit, insécurité, certains immeubles déchus.
On ne se voilera pas la face sur les dégradations de ce point de vue. Le ballet des ambulances, pompiers, voitures de police voire régulièrement camions de Crs témoignent d’une forte hausse de la demande d’intervention. L’incivilité a progressé à tel point qu’un organisme logeur refuse d’intervenir pour les faire cesser. L’installation réelle d’une délinquance ordinaire n’est pas enrayée par les politiques coup de poing. Et puisqu’il faut le dire, la consommation massive de drogue arrange bien des décideurs, le malaise social étant ainsi occulté, le calme dans a cité tenue par cet arrangement tacite. Seul le trafic trop voyant, ou touchant ces pauvres jeunes lycéens de classe moyenne, émeut encore.
Mais là où la donne a changé réellement, c’est dans le déclin des commerces de proximité. Ceux qui applaudissaient la construction de la Zac Châteaufarine déchantent. Ceux qui ont leur voiture pour tout faire ont fait l’opinion, et le malheur des familles n’en disposant pas.
Ce qui s’est perdu aussi, c’est de l’esprit de quartier. Quand un locataire gare sa voiture sur la rue piétonne et dépose régulièrement son tas d’immondices devant le local poubelle, on peut supposer qu’il ne s’intéresse guère à autre chose qu’à son chez-soi. L’évolution sociale, sociétale et économique n’expliquent pas que la fierté d’être Planoisien se soit perdue. Et si c’était ça, notre problème avec le « bien vivre à Planoise », ne pas oser le dire tellement les détracteurs donnent de la voix ? On pourra démontrer par ailleurs que ces arguments des opposants ne datent pas non plus d’hier, et qu’ils sont tout autant contestables…

09:05 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Besançon

Le Lavoir de la rue des cerisiers

Les mauvaises langues et les gens d’esprit diront que les urbanistes ont défavorisé les quartiers par rapport au centre-ville, tous les monuments historiques ayant été construits dans la boucle. Pourtant, nous avons aussi nos curiosités, antérieures ou non à la construction du quartier.
Voici aujourd’hui le lavoir de la rue des cerisiers, niché dans un discret bouquet d’arbres ayant résisté au lotissement de la colline St Laurent où pâturaient il y a encore 17 ans des chevaux.
Créé En 1812, nettoyé en 1996, blanchi en 1999, ce lavoir est un havre de sérénité.